Une des 1ères actions engagées de l’association dédiée aux cancers féminins, “Au sein de sa différence”, est la réalisation d’un film-documentaire : "La parole à nos hommes".
La mixité de notre association nous a en effet imposé l’évidence : l’homme n’est pas dissociable du vécu des femmes dans leurs parcours cancéreux.
Nous sommes convaincus qu’un partage d’expérience permet d’instaurer un dialogue différent et plus libre ; et ainsi de participer à une évolution des mentalités sur le vécu de la maladie.
Or le sujet particulier du couple dans la maladie (ou inversement) n’a jamais été abordé dans sa globalité. Les situations amoureuses et familiales sont à ce point différentes que nous avons envie d’explorer le panorama des possibles.
Pour sortir des sentiers battus de la bienséance, il nous a semblé essentiel de donner cette “parole” à nos hommes et compagnes. Le casting est ainsi très large ; en voici le détail.
• Que vous soyez le compagnon de l’avant, l’amoureux de l’après, l’homme du toujours, l’homme perdu, l’homme parti, … nous recherchons donc les profils d’hommes suivants :
- vous étiez déjà en couple ou l’amant d’une femme lors de son diagnostic de cancer,
- vous l’avez rencontrée pendant les traitements,
- votre histoire a démarré en phase de rémission,
- le cancer a été déterminant dans la séparation, vous l’avez quittée ou elle vous a quitté,
- le cancer a été l’élément déclencheur de votre infidélité,
- votre compagne n’a pas survécu à son cancer,
- vous êtes le père d’un enfant conçu après le cancer de la maman.
• Le couple lesbien s’inscrivant dans le synopsis, nous recherchons aussi des femmes :
- vous êtes ou avez été la compagne d’une autre femme lors de sa traversée de la maladie.
• Pour aborder les liens familiaux nous recherchons des proches :
- vous êtes père, frère ou fils d’une femme touchée par le cancer.
• Et, parce que 1 % des hommes sont aussi touchés, nous recherchons un profil très spécifique :
- vous êtes vous-même un homme atteint par un cancer du sein.
Cette liste n’est bien sûr pas exhaustive, si vous ne correspondez pas à l’un de ces profils, mais que vous pensez que votre témoignage peut s’incrire dans cette réalisation, n’hésitez surtout pas à nous le proposer.
Que chacun se sente libre de venir partager son point de vue sans avoir peur du jugement.
Le talentueux et sensible réalisateur Philippe Joubert a accepté d’écrire et de réaliser ce film au nom de l’association. Son regard acéré, jamais voyeur, capable d’allier reportage et esthétique, est l’assurance d’une réalisation juste et émouvante. Son objectif : “Faire part d’expériences humaines avec tout ce que cela comporte d’héroïque mais aussi de failles personnelles ».
Avant le tournage, Philippe rencontrera en privé chacun des protagonistes. Chaque histoire est unique, votre participation sera précieuse. D’avance un grand merci !
Pour être une des “paroles” de ce film : envoyez votre réponse à l’adresse mail de l’association : asso.asdsd@gmail.com
Site de Philippe Joubert http://www.philippejoubert.com/

Mon épouse a 65 ans et moi-même 66; On lui a décelé un cancer du sein en Août de cette année, et depuis cette date, le parcours de la chimiothérapie est pénible pour elle, et j’essaie de l’assister et de la remplacer à la cuisine pendant les jours difficles. J’applique les recommandations de David Servan Schreiber pour les aliments et les compléments naturels pour aider le foie, les reins et surmonter les nausées.
C’est dur de trouver la bonne attitude, pour lui laisser un espace du plaisir de la vie dès que les effets secondaires se calment.
Je suis à la retraite et je serais heureux de vous aider si vous pensez que cette expérience est utile
Noel B.
Bonjour Noel, grand merci pour votre contribution, votre témoignage sera précieux. Nous avons bien reçu vos coordonnées, et vous recontactons par message privé.
A très bientôt ! Amitiés à vous et votre épouse.
BONJOUR NOEL merci pour votre message amities
J’ai vécu presque quatorze années d’accompagnement d’une amie atteinte d’un cancer du sein. Ablation, répit de presque quatre ans après le bilan d’extension. Puis récidives locorégionales, cinq en tout, opérées en ambulatoire. Chaque fois suivie de nouvelles radiothérapie. A la première opération, malgré la présence d’un cancer infiltrant dissimulé sous un ‘in situ’, elle n’a pas eu de chimio…le protocole ne l’exigeait pas. C’était en 1997.. En 2001, les récidives ont commencé, c’est elle qui les a détectées seule. Puis en 2004, métastase vertébrale sur L5. Un peu de radiothérapie, le médecin n’y croyait pas. Bien sûr le cancer s’est étendu selon le principe bien connu du puits artésien. Les vertèbres ont été touchées les unes après les autres, les lombaires. (Ca tombait bien elle avait déjà une sclérose en plaques) Au bout de deux ans après un biopsie on a décidé de lui faire une cimentation (sachant que cela doit se faire dans les trois mois, et sur des lésions lithiques, alors que les siennes étaient condensantes) Mais le radiothérapeute qui ne croyait toujours à rien a voulu essayer pour dire d’essayer. Ils n’ont même pas pu enfoncer l’aiguille au coeur de la vertebre et n’ont pu que répandre du ciment dans les tissus environnants.Ensuite, comme il se doit les vertèbres touchées ont provoqué des embols et elle a fait une embolie pulmonaire bilatérale. Anticoagulants, pus symphyse pleurale. Elle connaissait, elle avait déjà fait trois pneumothorax spontanés. En 2005 le cancer se promenait dans tout le bassin des deux cotés, aux têtes fémorales, trochanter, et triangle iliaque des deux cotés. Les fémurs et les humérus étaient touchés aussi. Et mon amie était allergique aux morphiniques, et de 2004 à son décès il y a juste un an le 21 février 2011, elle a pris le seul médicament qu’elle supportait pour soulager ses douleurs osseuses, augmentées par la sclérose en plaques, de l’Advil, le seul qu’elle pouvait prendre, et encore elle n’en prenait que deux ou trois par jour, avec du Mopral, pour protéger l’estomac. Le calvaire a duré ainsi pendant plus de six ans. Elle a travaillé comme enseignante en collège jusqu’à fin 2004, où on l’a mise en invalidité à 79% parce qu’à 80% cela voulait dire le macaron qui nous aurait permis de nous rendre aux rendez-vous médicaux plus confortablement, et ça c’était trop la privilégier. Elle a pendant ce temps peint et écrit ses tableaux et quelques extraits de ses textes sont à voir dans le site que je lui ai fait,
http://www.bernadette-son-combat.com . A partir de 2009, des nodules de perméation ont commencé à traverser les côtes rongées par le cancer pour former des plaies sur le thorax, qui était déjà un champ de ruines. Les pansements protecteurs pour la douche, et les compresses pour ces plaies lui ont couté de 2009 à son décès 150€ par mois, non pris en charge. Sa dernière consultation d’oncologie(le 6 décembre 2010) fut un révélateur. Elle avait déjà pris contact avec le service de soins palliatifs pour être prise en charge quand viendrait la fin et choisir elle-même le moment de commencer l’hypnovel. Mais l’oncologue qu’elle a vu ce jour là , lui a dit, ‘madame nous ne pouvons plus rien pour vous, il faut aller voir ailleurs vous faire piquer parce que ça a assez duré, ça ne peut plus continuer ainsi.’ Il a écrit mot pour mot cette phase au chirurgien qui la suivait tous les quinze jours pour les nodules de pérméation.
Mais cette ‘mort sur ordonnance ‘ l’a brisée psychiquement. Nous avions mis deux années de dialogue ouvert et profond à préparer son départ dans la sérénité, et cette sérénité est partie en une phrase, en un instant, elle est redevenue la victime passive d’un sort trop fort pour elle alors qu’en treize ans c’est elle qui avait choisi de vivre sa vie comme elle pouvait et comme elle voulait. Le 16 février 2011 elle entrait à l’hôpital, en me disant ‘c’est la bonne cette fois, hein?’. Elle est décédée le 21, après avoir le 18 demandé la première piqure d’hypnovel comme prévu avec les soins palliatifs. Cela fait bientôt un an que je revis chaque instant tous les épisodes de cette longue, trop longue agonie, lutte et souffrance tout ensemble. La cause unique des pneumothorax, de la sclérose en plaques et du cancer hormonodépendant, est le traitement que lui a fait prendre, non content de la violer à l’âge de sept ans, un pédiatre, disons indélicat, ou criminel selon comment on se situe par rapport au corps médical, traitement massif d’estrogènes pendant un an au point de lui provoquer à 8 ans une mastose alors qu’elle n’avait pas de seins.
Je peux vous dire qu’on sort très fragile de treize ans d’accompagnement d’une malade comme elle, qui veut vivre, profiter des bons moments, et qui pendant tout ce temps souffre le martyre sans pouvoir être soulagée. Mais elle a gardé le sens de l’humour jusqu’au moment d’entrer à l’hôpital pour y mourir, et nous avons préparé ensemble chaque détail de ses funérailles, textes et chants, dans un livret qu’elle m’a fait imprimer pour distribuer à l’entrée de l’église.Pardon d’avoir été si longue, mais quatorze ans c’est long aussi.
"• Le couple lesbien s’inscrivant dans le synopsis, nous recherchons aussi des femmes :
•vous êtes ou avez été la compagne d’une autre femme lors de sa traversée de la maladie."
BRAVO pour reconnaitre cette "difference" là aussi…
Pour ma part,je vivais depuis 15 ans avec une femme ,ma compagne et 6 mois apres une separation "brutale"parce que,surtout sans mot…j’ai "declenché" un melanome fin 2008(amputation du gros orteil du pied),recidive operation ganglions aisne un an aprés…rayons ,chimio,2 autres opérations,ulcere,infarctus…maintenant"stabilisé"…même si elle a fait des "apparitions" pendant qq tps…pour moi,c’était difficile de "tourner la page","autre amputation"pt etre la plus douloureuse…MAIS cet amalgame de 2 MAUVAISES "RENCONTRES",la separation et le cancer ont profondement touché peu à peu mon élan de vie…qui est là mais encore enfoui…donc,depuis un an je ne l’ai plus revue,elle ne repondait plus aux messages…et je ne sais ou plutot je crains de ressentir que la separation a été la plus douloureuse des 2 rencontres,bien sur le cancer,ds son "entetement" à recidiver et à me forcer à me confronter "sans fin?" aux realités et protocoles du milieu medical,a "entamé" toute cette force vitale….donc elle ne temoignera pas…et je prends conscience en écrivant,que j’aurais tant desiré qu’elle le fasse!!!entendre des mots qui m’ont tant manqué!
le "deuil"est difficile,long,douloureux…!!!
comment dire,au debut, la lutte était "joyeuse" tant l’espoir de l’amour était tenace!!!
maintenant que je ne suis plus ds les ttt et operations,l’apres-coup?est difficile à accepter…alors tout se méle qqfois,colere ,violence,amour,mort,vie,epuisement moral…
et pourtant ,la vie,rien que la vie!!!!
Voilà,tant pis si ce n’est pas ds le synopsis des temoignages que vous recherchiez…une façon pt etre pour moi,si elle ne temoigne pas,de temoigner de notre histoire! et je ne peux parler à sa place,que de la mienne!!!